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Basic Documents : the ICFCIF Introduction
1. Introduction
Le présent volume contient la Classification internationale du fonctionnement, du
handicap et de la santé (CIF). [1] Le but ultime poursuivi avec la
CIF est de proposer un langage uniformisé et normalisé ainsi qu'un cadre pour la
description des états de la santé et des états connexes de la santé. La CIF définit
les composantes de la santé et certains éléments du bien-être connexes de la santé
(comme l'éducation ou le tra ail). Les domaines couverts par la CIF peu ent donc être
désignés par les termes de domaines de la santé et domaines connexes de la
santé. Ces domaines peuvent être décrits en prenant comme perspectives
l'organisme, la personne en tant qu'individu ou la personne en tant qu'être social, selon
deux listes de base: 1) les fonctions organiques et les structures anatomiques; 2) les
actvités et la participation. [2] En tant que classification, la CIF
regroupe de manière systématique les différents domaines [3] dans
lesquels évolue toute personne ayant un problème de santé donné (par exemple, ce
qu'une personne fait effectivement ou est capable de faire compte tenu d'une maladie ou
d'un trouble donné). Le fonctionnement est un terme générique qui se rapporte
aux fonctions organiques, aux activités de la personne et à la participation au sein de
la société ; de même, handicap sert de terme générique pour désigner les
déficiences, les limitations d'activités ou les restrictions de participation. La CIF
dresse aussi la liste des facteurs environnementaux qui peuvent être en interaction avec
tous ces schémas. Ainsi, la CIF permet à l utilisateur de décrire un profil utile du
fonctionnement, du handicap et de la santé des individus dans divers domaines.
La CIF appartient à la "famille" des classifications internationales
proposées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour être appliquées à divers
aspects de la santé. La famille des classifications internationales de l'OMS fournit un
canevas permettant de coder une large gamme d'informations relatives à la santé (par
exemple, diagnostic, fonctionnement et handicap, raisons de contact a ec les services de
santé). Elle utilise un langage commun normalisé permettant aux représentants de
diverses disciplines et spécialités scientifiques de communiquer sur la santé et les
soins de santé dans le monde entier.
Dans les classifications internationales de l'OMS, les problèmes de santé (maladies,
troubles, lésions et traumatismes) sont classés essentiellement en fonction de la CIM-10
(Classification internationale des maladies, 10e révision) [4] ,
qui fournit un cadre étiologique. Le fonctionnement et le handicap associés aux
problèmes de santé sont classés dans la CIF. La CIM-10 et la CIF sont par conséquent
complémentaires [5] et les utilisateurs sont invités à utiliser
ensemble ces deux membres de la famille des classifications internationales de l'OMS. La
CIM-10 permet de poser un diagnostic des maladies, troubles et autres problèmes de
santé; cette information est enrichie par les informations supplémentaires apportées
par la CIF sur le fonctionnement. [6] L'information ainsi recueillie à
la fois sur le diagnostic et sur le fonctionnement permet de donner une image plus large
et plus signifiante de la santé des personnes et des populations, information qui peut
alors être utilisée par les décideurs.
La famille des classifications internationales de l'OMS est un outil précieux qui
permet de décrire et de comparer la santé des populations dans un contexte
international. L'information sur la mortalité (apportée par la CIM-10) et sur les
conséquences sur la santé (apportée par la CIF) peut être combinée en mesures
synthétiques de la santé des populations, ce qui permet de sui re la santé des
populations et sa distribution, et d'évaluer la part attribuable à différentes causes
de mortalité et de morbidité.
La CIF s'est éloignée d'une classification des " conséquences de la maladie
" (version 1980) pour devenir une classification des " composantes de la santé
". Les " composantes de la santé " définissent ce qui constitue la
santé,, alors que les " conséquences " se focalisent sur l'impact de la
maladie ou tout problème de santé qui peut en résulter. Ainsi, la CIF adopte une
position neutre par rapport à l'étiologie et permet aux chercheurs d'inférer les causes
des situations qu'ils obser ent à l'aide des méthodes scientifiques appropriées. Pour
autant, la démarche adoptée ici diffère aussi de celle des " déterminants de la
santé " ou des " facteurs de risque ". Pour permettre d'étudier les
déterminants de la santé ou les facteurs de risque, la CIF comprend une liste de
facteurs environnementaux qui permettent de décrire le contexte dans lequel vit chaque
individu.
2. Buts de la CIF
La CIF est une classification polyvalente conçue pour ser ir diverses disciplines et
différents secteurs. Ses buts spécifiques peuvent être résumés de la manière
suivante:
- fournir une base scientifique pour comprendre et étudier les états de la santé, les
conséquences qui en découlent et leurs déterminants;
- établir un langage commun pour décrire les états de la santé et les états connexes
de la santé afin d'améliorer la communication entre différents utilisateurs, notamment
les tra ailleurs de santé, les chercheurs, les décideurs et le public en général, y
compris les personnes handicapées;
- permettre une comparaison des données entre pays, entre disciplines de santé, entre
services de santé et à différents moments;
- fournir un mécanisme de codage systématique pour les systèmes d'information
sanitaire.
Ces objectifs sont liés les uns aux autres, puisque toute utilisation de la CIF
implique la mise en place d'un système pratique et signifiant qui puisse être utilisé
par différents acteurs chargés des politiques de santé, d'assurance qualité et
d'évaluation de résultats dans différentes cultures.
2.1 Applications de la CIF
Depuis sa première édition à titre expérimental en 1980, la CIF a été utilisée
à diverses fins:
- comme outil statistique - pour recueillir et enregistrer des données (par exemple dans
les études de populations et les enquêtes démographiques ou dans le cadre de systèmes
d'information pour la gestion);
- comme outil de recherche pour mesurer les conséquences des maladies,, la qualité de
vie et les facteurs environnementaux.
- comme outil clinique - pour évaluer les besoins, choisir les traitements les plus
adaptés aux problèmes de santé spécifiques, é aluer des aptitudes professionnelles,
évaluer une réadaptation et ses résultats;
- comme outil de politique sociale - pour planifier la sécurité sociale, les systèmes
de compensation, pour élaborer et mettre en uvre des politiques;
- comme outil pédagogique - pour concevoir des programmes, pour mener des campagnes de
sensibilisation et mettre en uvre des actions sociales.
Bien que la CIF soit essentiellement une classification des états de la santé et des
états connexes de la santé, elle est également utilisée par des secteurs comme les
assurances, la sécurité sociale, l'emploi, l'éducation, l'économie, la politique
sociale et le développement législatif en général, ainsi que la modification de
l'environnement. C'est la raison pour laquelle elle a été acceptée comme l'une des
classifications sociales des Nations Unies, qu'elle se réfère et intègre les Règles
pour l'égalisation des chances des handicapés [7] Ainsi, la CIF fournit
un instrument approprié pour la mise en uvre tant des mandats internationaux en matière
de droits humains que des législations nationales.
La CIF est donc utile pour toute une gamme d'applications différentes, par exemple la
sécurité sociale, l'é aluation et la maîtrise des dépenses de santé, les enquêtes
de populations aux niveaux local, national et international. Elle propose un cadre
conceptuel de l'information applicable aux soins de santé individuels, y compris la pré
ention, la promotion de la santé et l'amélioration de la participation, puisqu'elle
permet de le er ou d'atténuer les obstacles posés par la société et qu'elle encourage
la mise en place de systèmes d'aide sociale et de facilitateurs. Elle est également
utile pour étudier les systèmes de santé, qu'il s'agisse de les é aluer ou d'élaborer
des politiques.
3. Propriétés de la CIF
Une classification doit être claire sur ce qu'elle classe: son univers, son champ
d'application, ses catégories, la manière dont elle est organisée et la façon dont les
différents éléments sont structurés, c'est-à-dire comment ils se rattachent les uns
aux autres. Les sections qui suivent décrivent ces caractéristiques fondamentales de la
CIF.
3.1 L'univers de la CIF
La CIF couvre tous les aspects de la santé humaine et certaines composantes du
bien-être qui relèvent de la santé. Elle les décrit en termes de domaines de la santé
et de domaines connexes de la santé [8] La Classification s'inscrit dans
le contexte plus aste de la santé et ne couvre donc pas les circonstances de la vie qui
ne se rapportent pas directement la santé, telles que celles qui peu ent résulter de
facteurs socio-économiques. Par exemple, des personnes peuvent se trouver limitées dans
l'exécution de certaines tâches dans l'en ironnement où elles vivent en raison de leur
race, de leur sexe, de leur religion ou de toute autre caratéristique socio-économique,
mais il ne s'agit pas là de restrictions de participation liées à la santé au sens où
l'entend la CIF.
Un malentendu largement répandu consiste à penser que la CIF ne concerne que les
personnes handicapées: en fait elle concerne tout un chacun Les états de la santé et
les états connexes de la santé, à quelque pathologie qu'ils se réfèrent, peuvent
être décrits au moyen de la CIF. En d'autres termes, la CIF est d'application
universelle. [9]
3.2 Champ d'application de la CIF
La CIF permet de décrire des situations relatives au fonctionnement humain et aux
restrictions qu'il peut subir; elle fournit un cadre pour organiser cette information.
Elle structure l'information de manière signifiante, intégrée et facilement accessible.
La CIF organise l'information en deux parties. La Partie 1 traite du fonctionnement et
du handicap, alors que la Partie 2 couvre les facteurs contextuels. Chaque partie a deux
composantes:
1. Composantes du fonctionnement et du handicap
La composante Organisme comprend deux classifications, une pour les fonctions des
systèmes organiques et une pour les structures anatomiques. Les différents chapitres des
deux classifications sont organisés selon les systèmes organiques.
La composante Activités et Participation couvre la gamme complète des domaines
définissant les aspects du fonctionnement, aussi bien du point de vue de la personne en
tant qu'individu que du point de ue de la personne en tant qu'être social.
2. Composantes des facteurs contextuels
Une liste de facteurs environnementaux constitue la première composante des facteurs
contextuels. Ces facteurs environnementaux ont un impact sur toutes les composantes du
fonctionnement et du handicap et sont organisés de manière à aller de l'environnement
le plus proche de l'individu à l'environnement le plus global.
Les facteurs personnels constituent l'autre composante des facteurs contextuels. Ils ne
sont cependant pas intégrés à la CIF en raison des importantes variations sociales et
culturelles qui leur sont associées.
Les composantes du fonctionnement et du handicap peuvent être exprimées dans la CIF
de deux manières. Elles peu ent être utilisées pour indiquer un problème (par exemple,
une déficience, une limitation d'activité ou une restriction de participation,
regroupées sous le terme générique de handicap; elles peuvent aussi être utilisées
pour faire référence à des aspects de la santé (ou des états qui y sont liés) qui ne
posent pas problème (donc neutres): elles sont alors regroupées sous le terme
générique de fonctionnement
Ces composantes du fonctionnement et du handicap sont interprétées au moyen de quatre
schémas distincts mais liés l'un à l'autre. Dans la pratique, ces schémas sont
opérationnalisés au moyen de codes qualificatifs Les fonctions et structures de
l'organisme peu ent être interprétées en fonction de changements des systèmes
physiologiques et des structures anatomiques. Pour ce qui est des Activités et de la
participation, on utilise deux schémas: capacité et performance ( oir section 4.2).
L'état de fonctionnement et de handicap d'une personne est le résultat de
l'interaction dynamique [10] entre son problème de santé (maladies,
troubles, lésions, traumatismes, etc.) et les facteurs contextuels. Comme il a été dit,
les facteurs contextuels comprennent à la fois des facteurs personnels et des facteurs
environnementaux. La CIF dresse une liste très complète des facteurs environnementaux,
qui sont considérés comme une composante intrinsèque de la classification. Les facteurs
environnementaux interagissent avec toutes les composantes du fonctionnement et du
handicap. Le schéma qui sous-tend la composante des facteurs environnementaux permet de
savoir si les caractéristiques du monde environnant, du contexte social et des attitudes
ont un effet facilitateur ou si, au contraire, elles constituent un obstacle pour la
personne qui y vit.
3.3 Unités de classification
La CIF classe les états de la santé et les états connexes de la santé. Les unités
de classification sont donc les catégories qui constituent chaque domaine de la santé et
chaque domaine connexes de la santé. Il importe donc de noter que, dans la CIF, ce ne
sont pas les personnes qui sont les unités de classification; en fait, la CIF ne classe
pas des personnes, mais au contraire décrit la situation de chaque personne dans toute
une série de domaines de la santé ou connexes de la santé. De plus, chaque description
est faite dans le contexte des facteurs environnementaux et personnels.
3.4 Présentation de la CIF
La CIF est présentée en deux versions, afin de répondre aux besoins de différents
utilisateurs qui souhaitent utiliser des niveaux de détail ariables.
La version intégrale de la CIF, qui constitue le présent document, propose une
classification à quatre ni eaux. Ces quatre niveaux peuvent être agrégés en une
classification à deux niveaux. Cette dernière est aussi appelée version condensée de
la CIF.
4. Vue d'ensemble des composantes de la CIF
DEFINITIONS [11]
Dans le contexte de la santé
Les fonctions organiques désignent les fonctions physiologiques des systèmes
organiques (y compris les fonctions psychologiques).
Les structures anatomiques désignent les parties anatomiques du corps, telle que les
organes, les membres et leurs composantes.
Les déficiences désignent des problèmes dans la fonction organique ou la structure
anatomique, tels qu'un écart ou une perte importante.
Une activité désigne l'exécution d'une tâche ou d'une action par une personne.
Participation désigne l'implication d'une personne dans une situation de vie réelle.
Les limitations d'activité désignent les difficultés que rencontre une personne dans
l'exécution d'activités.
Les restrictions de participation désignent les problèmes qu'une personne peut
rencontrer dans son implication dans une situation de ie réelle.
Les facteurs environnementaux désignent l'environnement physique, social et
attitudinal dans lequel les gens vivent et mènent leur vie.
Le Tableau 1 donne un aperçu général de ces notions. Elles seront explicitées en
termes opérationnels à la section 5.1. Comme le tableau l'indique:
- La CIF est constituée de deux parties comprenant chacune deux composantes
- Partie 1. Fonctionnement et handicap
- Fonctions organiques et Structures anatomiques
- Activités et Participation
- Partie 2.Facteurs contextuels
- Facteurs environnementaux
- Facteurs personnels
- Chaque composante peut être exprimée en termes positifs ou en termes négatifs
- Chaque composante est faite de divers domaines, à l'intérieur desquels on trouve les
catégories, qui sont les unités de classification. L'état de la santé et l'état
connexe de la santé d'une personne sont ainsi notés en attribuant un ou plusieurs codes
appropriés pour la catégorie choisie, et en ajoutant un ou plusieurs codes qualificatifs
qui sont des codes numériques précisant l'étendue ou l'ampleur du fonctionnement ou du
handicap dans cette catégorie, ou la mesure dans laquelle un facteur environnemental est
un facilitateur ou un obstacle.
Tableau 1. Aperçu de la CIF
| |
Partie 1 Fonctionnement et handicap |
Partie 2 Facteurs contextuels |
| Composantes |
Fonctions organiques et structures anatomiques |
Activités et participation |
Facteurs environ-nementaux |
Facteurs personnels |
| Domaines |
Fonctions organiques Structures anatomiques |
Domaines de la vie (tâches, actions) |
Facteurs externes affectant le fonctionnement et le handicap |
Facteurs internes affectant le fonctionnement et le handicap |
| Schémas |
Changement dans les fonctions organiques (physiologie) Changement
dans la structure anatomique |
Capacité réaliser des tâches dans un environnement standard
Performance réaliser des tâches dans l'environnement réel |
Impact (facilitateur ou obstacle) de la réalité physique, de la
réalité sociale ou des attitudes |
Impact des attributs de la personne |
| Aspect positif |
Intégrité fonctionnelle et structurelle |
Activité Participation |
Facilitateurs |
Sans objet |
| Fonctionnement |
| Aspect négatif |
Déficience |
Limitation de l'activité
Restriction de la participation |
Barrières/ obstacles |
Sans objet |
| Handicap |
4.1 Fonctions organiques, structures anatomiques et déficiences
Définitions:
Les fonctions organiques fonctions organiques fonctions organiques
fonctions organiques désignent les fonctions physiologiques des systèmes organiques (y
compris les fonctions psychologiques).
Les structures anatomiques structures anatomiques structures
anatomiques structures anatomiques désignent les parties du corps humain, telles que les
organes, les membres et leurs composantes.
Les déficiences désignent des problèmes des fonctions organiques ou
des structures anatomiques, sous forme d'écart ou de perte importante.
- Les fonctions organiques et les structures anatomiques sont classées dans deux sections
distinctes. Elles sont conçues pour être utilisées en parallèle. Par exemple, les
fonctions organiques incluent les sens de base comme la vue (" fonctions de vision
"), et leurs corrélats structurels sous la forme " il et ses annexes ".
- Le terme " organique " se réfère à l ensemble de l organisme humain: il
englobe donc le cerveau et ses fonctions, c'est-à-dire l esprit. Les fonctions mentales
(ou psychologiques) font donc partie des fonctions organiques.
- Les fonctions organiques et structures anatomiques sont classées selon les systèmes
organiques; par conséquent, les structures anatomiques ne sont pas considérées comme
des organes au sens strict. [12]
- Une déficience de structure peut consister en une anomalie, carence, perte ou autre
écart important par rapport à une norme au niveau des structures anatomiques. Les
déficiences ont été définies à la lumière des connaissances actuelles aux ni eaux
tissulaire ou cellulaire, et au ni eau infracellulaire ou moléculaire. Toutefois, pour
des raisons pratiques, ces ni eaux ne sont pas repris dans la présente classification. [13] Les fondements biologiques des déficiences ont guidé la
classification, et il demeure possible d étendre celleci au niveau cellulaire ou
moléculaire. Il convient de signaler aux utilisateurs du milieu médical que les
déficiences ne sont pas équivalentes à la pathologie sous-jacente, mais qu elles sont
plutôt les manifestations de cette pathologie.
- Les déficiences représentent des écarts par rapport à certaines normes
généralement acceptées de l état biomédical du corps et de ses fonctions. La
définition de leurs composantes repose principalement sur le jugement des personnes
compétentes pour évaluer le fonctionnement physique et mental par rapport à des normes
généralement reconnues.
- 6) Les déficiences peuvent être temporaires ou permanentes; elles peuvent progresser,
régresser ou rester stables, être intermittentes ou continues. L écart par rapport à
la norme peut être grand ou petit, et il peut varier dans le temps. Ces caractéristiques
font l'objet de descriptions plus détaillées, principalement dans les codes, au moyen de
codes qualificatifs ajoutés après le point séparateur.
- 7) Les déficiences ne dépendent pas de l étiologie ni de la façon dont elles sont
apparues; par exemple, la perte de la vue ou d un membre peut découler d une anomalie
génétique ou d une lésion. Toute déficience a nécessairement une cause mais la cause
en elle-même ne suffit pas forcément à expliquer la déficience qui en résulte. En
outre, lorsqu une déficience se manifeste, il y a un dysfonctionnement des fonctions
organiques ou des structures anatomiques, mais il peut être lié à diverses maladies,
troubles ou états physiologiques.
- 8) Les déficiences peuvent faire partie intégrante d un problème de santé donné, ou
en être une expression, mais elles ne signifient pas nécessairement qu il y ait
présence d une maladie ou que l individu doi e être considéré comme malade.
- 9) Les déficiences couvrent un champ plus vaste que les troubles ou les maladies; par
exemple, la perte d une jambe constitue bien une déficience de la structure anatomique
mais n'est pas pour autant un trouble ou une maladie.
- 10) Une déficience peut en entraîner d'autres. Par exemple, un manque de force
musculaire peut être une entrave au mouvement, les fonctions cardiaques peuvent être
liées à un déficit des fonctions respiratoires, une déficience de perception peut
être associées à des fonctions de la pensée.
- 11) On peut obser er un certain chevauchement entre certaines catégories de fonctions
organiques et de structures anatomiques d'une part et les catégories de la CIM-10,
particulièrement pour ce qui a trait aux symptômes et aux signes. Cependant, ces deux
classifications poursui ent des objectifs différents. La CIM-10 classe les symptômes en
chapitres pour renseigner sur la morbidité ou l utilisation des services, alors que la
CIF les présente comme faisant partie des fonctions organiques. Ils peuvent être
utilisés pour la pré ention ou pour définir les besoins des patients. Plus important
encore, dans la CIF, la classification des fonctions organiques et des structures
anatomiques est conçue pour être utilisée en parallèle a ec les catégories d Acti
ités et participation.
- 12) Les déficiences sont classées par catégories selon des critères d'identification
définis (par exemple, présentes ou absentes, en fonction du seuil considéré). Ces
critères sont les mêmes pour les fonctions organiques et les structures anatomiques. Ce
sont: a) perte ou manque; b) réduction; c) addition ou excès; et d) écart. Lorsqu une
déficience est présente, elle est classée dans la CIF sur une échelle de gravité au
moyen d'un code qualificatif générique.
- 13) Les facteurs environnementaux interagissent a ec les fonctions organiques, par
exemple la qualité de l'air et la respiration, la lumière et la vue, le son et l'ouïe,
des stimulus perturbateurs et l'attention, la surface du sol et l'équilibre, la
température ambiante et la régulation de la température corporelle.
4.2 Activités et participation / Limitations d'activités et restrictions de
participation
Définitions:
Une activité signifie l'exécution d'une tâche ou le fait pour une personne
de faire quelque chose.
La participation signifie l'implication dans une situation de la vie réelle.
Les limitations d'activité désignent les difficultés qu'une personne peut
rencontrer pour mener une activité.
Les restrictions de participation désignent les problèmes qu'une personne
peut rencontrer pour s'impliquer dans une situation de la vie réelle.
- Les domaines décrivant la composante Acti ités et participation font l'objet d'une
liste unique qui couvre toute la gamme des domaines de la ie, de l'apprentissage
élémentaire ou de l'observation, aux domaines plus complexes comme les relations avec
autrui ou l'occupation d'un emploi. Chaque domaine peut être utilisé pour décrire les
activités (a) ou la participation (p), ou les deux à la fois. Les domaines de cette
composante sont précisés par les codes qualificatifs de performance et de capacité
Ainsi, l'information qui est recueillie à partir de la liste dresse un tableau de
données dans lequel il n'y a ni che auchement ni redondance (Voir Tableau 2).
Tableau 2. Activités et participation: matrice d'information
| Domaines |
Code qualificatif |
| Performance |
Capacité |
| d1 |
Apprentissage et application des connaissances |
|
|
| d2 |
Tâches et exigences générales |
|
|
| d3 |
Communication |
|
|
| d4 |
Mobilité |
|
|
| d5 |
Entretien personnel |
|
|
| d6 |
Activités domestiques |
|
|
| d7 |
Activités et relations avec autrui |
|
|
| d8 |
Grands domaines de la vie |
|
|
| d9 |
Vie communautaire, sociale et civique |
|
|
- Le code qualificatif de performance décrit ce qu'un indi idu fait dans son
environnement ordinaire. Du fait que l'en ironnement ordinaire comprend un contexte
sociétal, la performance peut donc aussi être perçue comme une "implication dans
une situation de vie réelle" ou comme l'"expérience vécue" de personnes
considérées dans leur cadre de vie réel. [14] Ce contexte comprend
les facteurs environnementaux, c'est-à-dire tous les aspects du monde physique, du
contexte social et des attitudes, et peut faire l'objet d'un codage en utilisant la liste
des facteurs environnementaux.
- Le code qualificatif de capacité décrit l'aptitude d'un indi idu à effectuer une
tâche ou à mener une action. Ce schéma est conçu pour indiquer le ni eau de
fonctionnement le plus éle é possible qu'une personne est susceptible d'atteindre dans
un domaine donné à un moment donné. Pour évaluer l'aptitude réelle d'une personne, on
de rait pouvoir disposer d'un environnement "normalisé", qui neutraliserait les
influences ariables d'environnements différents sur chaque personne. Cet en ironnement
normalisé peut être l'environnement qui est généralement utilisé pour faire passer
des tests d'aptitude, ou, dans les cas où ça n'est pas possible, un environnement
présumé, réputé a oir un impact uniforme sur tout un chacun. Dans les deux cas, on
conviendra d'appeler cet en ironnement un "environnement uniforme" ou
"normalisé". Ainsi, la capacité reflète l'aptitude d'une personne ajustée
des facteurs environnementaux. Pour pouvoir comparer les données d'un pays à l'autre,
cet ajustement doit être le même pour tout le monde dans tous les pays. On peut coder
les caractéristiques de l'environnement uniforme ou normalisé en utilisant la
classification des facteurs environnementaux. L'écart entre capacité et performance
reflète la différence d'impacts entre environnement usuel et environnement standard.
Elle constitue ainsi un guide utile pour déterminer ce qui peut être modifié dans le
cadre de vie de la personne concernée pour améliorer son niveau de réalisation.
- Les codes qualificatifs de capacité et de performance peuvent être utilisés aussi
bien dans les situations où la personne utilise des aides techniques ou un assistant
personnel, que dans le cas où elle n'en utilise pas. Si l'on doit admettre que ni les
aides techniques ni les assistants personnels n'éliminent la déficience, ils peu ent
lever des limites au fonctionnement dans des domaines bien précis. Ce type de codage est
plus particulièrement utile pour évaluer à quel point le fonctionnement d'une personne
serait entravé si elle ne disposait pas de l'aide technique en question ( oir
Instructions pour le codage à l'Appendice 2).
- Des difficultés ou des problèmes peuvent survenir dans ces domaines quand intervient
une modification qualitative ou quantitative de la manière dont les fonctions sont
exécutées. Les limitations et les restrictions sont estimées par rapport à une norme
généralement acceptée dans une population donnée. La norme par rapport à laquelle on
évalue la capacité et la performance d'une personne donnée est la capacité ou la
performance d'une personne qui ne présente pas le même problème de santé (maladie,
trouble ou lésion). La limitation ou la restriction mesure la différence entre la
performance obser ée et la performance attendue. La performance attendue est la norme en
vigueur dans une population donnée et représente l'expérience vécue par les personnes
qui ne présentent pas de problème de santé. La même norme est utilisée pour le code
qualificatif de capacité, de telle sorte que l'on peut en inférer les changements qu'il
conviendrait d'apporter à l'environnement d'une personne pour lui permettre d'améliorer
sa performance.
- Un problème de performance peut provenir directement de l'environnement social dans
lequel la personne vit, même si cette personne ne présente aucune déficience. Par
exemple, une personne séropositive mais sans symptôme ni maladie, ou quelqu'un ayant une
prédisposition génétique à une maladie particulière, peut ne présenter aucune
déficience et avoir une aptitude au tra ail suffisante, mais peut ne pas être en mesure
de tra ailler parce qu'on lui refuse l'accès aux ser ices, que l'on fait preuve de
discrimination à son encontre ou que l'on stigmatise sa situation.
- Il est difficile de faire la distinction entre "acti ités" et
"participation" sur la base des domaines repris dans la composante Acti ités et
participation. De même, il n'a pas été possible de faire la distinction entre facteurs
individuels et sociétaux sur la seule base des domaines, en raison des variations qui se
manifestent d'un pays à l'autre et en raison des différences d'approches qui
caractérisent les professionnels et les cadres théoriques de référence. C'est pourquoi
la CIF utilise une liste unique qui peut être utilisée pour distinguer les acti ités
(a) et la participation (p) dans la pratique. Cette possibilité est exposée plus en
détail à l'Appendice 3. En bref, on peut procéder de quatre manières:
- En sélectionnant certains domaines du point de vue a et d'autres du point de vue p sans
permettre de chevauchement;
- Comme au point précédent, mais a ec chevauchement partiel;
- Utiliser la liste détaillée des domaines pour a et n'utiliser que les grandes
catégories pour p
- Utiliser tous les domaines tant pour a que pour p
4.3 Facteurs contextuels
Les facteurs contextuels représentent le cadre de vie d'une personne. Ils incluent les
facteurs environnementaux et les facteurs personnels qui peuvent a oir un effet sur une
personne présentant un problème de santé donné ou sur l état de la santé ou les
états connexes de la santé de cette personne.
Les facteurs environnementaux constituent l'environnement physique, social et
attitudinal dans lequel les gens vivent et mènent leur vie. Les facteurs sont externes à
la personne et peu ent avoir une influence positive ou négative sur la performance de la
personne en tant que membre de la société, sur la capacité de la personne, ou sur une
fonction organique ou une structure anatomique de cette personne.
- Les facteurs environnementaux sont organisés dans la classification pour porter sur
deux niveaux différents:
- Individuel - dans l'environnement personnel immédiat de la personne, y compris
des milieux comme le domicile, le cadre de travail et l'école. Ils comprennent à ce
niveau les caractéristiques physiques et matérielles de l'environnement auxquelles la
personne est directement confrontée, de même que les contacts directs a ec les autres,
qu'il s'agisse de membres de la famille, de connaissances, de pairs ou d'étrangers.
- Sociétal - structures sociales, services et règles de conduite ou systèmes,
formels ou informels, ayant cours dans le milieu ou dans la culture des personnes
considérées, et ayant un impact sur elles. Ils comprennent à ce ni eau les organismes
et les services liés au cadre de tra ail, les acti ités communautaires, les organismes
gou ernementaux, les services de communication et de transport, les réseaux sociaux
informels, ainsi que les lois et réglementations, qu'elles soient officielles ou non, les
attitudes et les idéologies.
- Les facteurs environnementaux interagissent a ec les composantes Fonctions organiques et
Structures anatomiques, et Acti ités et participation. Pour chacune de ces composantes,
la nature et l'ampleur de l'interaction pourront être précisées par des travaux
scientifiques ultérieurs. Le handicap se caractérise comme le résultat de la relation
complexe entre le problème de santé et les facteurs personnels d'une personne, et des
facteurs externes qui représentent les circonstances dans lesquelles vit cette personne.
C'est pourquoi des environnements différents peuvent a oir un impact très variable sur
une personne donnée présentant un problème de santé donné. Un environnement peuplé
d'obstacles, ou dépourvu de facilitateurs, restreindra la performance, alors que d'autres
environnements, pourvus de plus de facilitateurs, permettront d'améliorer la performance.
La société peut entra er la performance de certaines personnes soit parce qu'elle crée
des obstacles (bâtiments dépourvus d'accès adaptés, par exemple), soit parce qu'elle
ne met pas à disposition les facilitateurs nécessaires (aides techniques, par exemple).
Les facteurs personnels représentent le cadre de vie particulier d'une
personne, composé de caractéristiques de la personne qui ne font pas partie d'un
problème de santé ou d'un des états de la santé. Il peu ent inclure le sexe, la race,
l'âge, les autres problèmes de santé, la condition physique, le mode de vie, les
habitudes, l'éducation reçue, le mode d'adaptation, l'origine sociale, la profession, le
niveau d'instruction ainsi que l'expérience passée et présente (les é énements écus
et les circonstances de la vie), les schémas comportementaux et les traits psychologiques
ou autres. Tous, ensemble ou séparément, peu ent avoir une influence sur le handicap à
un niveau quelconque. Les facteurs personnels ne sont pas classifiés dans la CIF. Ils
sont toutefois repris à la Figure 1 pour montrer qu'ils jouent un rôle qui peut a oir un
impact sur le résultat des diverses interventions.
5. Modèle du fonctionnement et du handicap
5.1 Processus du fonctionnement et du handicap
En tant que classification, la CIF ne modélise pas le "processus" du
fonctionnement et du handicap. Cependant, elle peut être utilisée pour décrire le
processus en fournissant les moyens de dessiner la configuration des schémas et domaines.
La CIF fournit une approche multidimensionnelle de la classification du fonctionnement et
du handicap en tant que processus interactif et é olutif. Elle fournit les blocs que les
utilisateurs peuvent assembler pour construire des modèles et étudier différents
aspects du processus. Dans ce sens, la CIF peut être considérée comme un langage: les
textes qu elle permet d'écrire dépendent des utilisateurs, de leur créati ité et de
leur inclination scientifique. Le diagramme présenté à la Figure 1 permet de mieux
visualiser la compréhension que nous avons à l'heure actuelle des interactions entre les
diverses composantes. [15]
Figure 1. Interaction entre les composantes de la CIF
Selon ce diagramme, le fonctionnement d'une personne dans un domaine particulier est
determiné par l'interaction ou une relation complexe entre le problème de santé de la
personne et les facteurs contextuels (c'est-à-dire les facteurs environnementaux et
personnels). Il y a interaction dynamique entre ces entités: des interventions sur l'une
d'elles peuvent modifier une ou plusieurs autres. Ces interactions sont spécifiques, et
il n existe pas toujours entre elles de lien direct biunivoque prévisible. Les
interactions opèrent dans les deux sens; la présence d'un handicap peut même modifier
le problème de santé lui-même. Inférer une limitation de capacité à partir d'une ou
de plusieurs déficiences, ou une restriction de performance à partir d'une ou plusieurs
limitations, peut souvent sembler correct. Il est cependant important de collecter les
données sur ces schémas de manière indépendante, et ensuite seulement d'explorer les
associations et liens de causalité qui peuvent exister entre elles. Si l'on veut décrire
une expérience de santé dans son entier, toutes les composantes sont utiles. On peut par
exemple:
- avoir une déficience sans pour autant connaître une limitation de capacité (un visage
défiguré par la lèpre n'a aucun impact sur les capacités de la personne concernée,
par exemple)
- avoir des problèmes de performance et des limitations de capacité sans être porteur
d'une déficience particulière (réduction de performance dans l'activité quotidienne
suite à diverses maladies, par exemple)
- avoir des problèmes de performance sans déficience ou limitation de capacité (par
exemple, une personne séropositive, ou une personne qui est guérie après un traitement
pour troubles mentaux peut faire l'objet d'une discrimination dans ses relations
interpersonnelles ou au tra ail)
- avoir des limitations de capacité si on n'a pas d'assistance, et aucun problème de
performance dans le cadre de ie habituel (par exemple, une personne à mobilité réduite
peut bénéficier d'aides techniques qui lui permettent de se déplacer)
- connaître un contrecoup à une situation donnée (par exemple, ne pas utiliser les
membres peut entraîner une atrophie musculaire; le placement en institution spécialisée
peut entraîner une perte de socialisation)
Les exemples de cas de l Appendice 4 illustrent davantage les possibilités d
interactions entre les schémas.
Le schéma illustré à la Figure 1 montre le rôle potentiel joué par les facteurs
contextuels (c'est-à-dire en ironnementaux et personnels) dans le processus. Ces facteurs
interagissent avec la personne qui a un problème de santé et déterminent le niveau et
le degré de son fonctionnement. Les facteurs environnementaux sont extrinsèques (par
exemple, les attitudes de la société, les caractéristiques architecturales, le système
juridique), et sont repris dans la classification des facteurs environnementaux. Les
facteurs personnels, en revanche, ne sont pas repris dans la version actuelle de la CIF.
Ils peuvent comprendre: le sexe, la race, l âge, les autres problèmes de santé, la
condition physique, le mode de vie, les habitudes, l éducation reçue, les modes d
adaptation, etc. On laisse aux utilisateurs le soin de les é aluer éventuellement
eux-mêmes.
5.2 Modèle médical et modèle social
Divers modèles conceptuels [16] ont été proposés pour comprendre
et expliquer le handicap et le fonctionnement. On peut s'en rendre compte à travers la
dialectique entre " modèle médical " et " modèle social ". Dans le
modèle médical le handicap est perçu comme un problème de la personne, conséquence
directe d'une maladie, d'un traumatisme ou d'un autre problème de santé, qui nécessite
des soins médicaux fournis sous forme de traitement indi iduel par des professionnels. Le
traitement du handicap vise la guérison ou l adaptation de l'individu, ou le changement
de son comportement. Les soins médicaux sont perçus comme étant la principale question
et, au ni eau politique, la principale réponse est de modifier ou de réformer les
politiques de santé. Dans le modèle social par contre, le handicap est perçu comme
étant principalement un problème créé par la société et une question d intégration
complète des individus dans la société. Le handicap n est pas un attribut de la
personne, mais plutôt un ensemble complexe de situations, dont bon nombre sont créées
par l environnement social. Ainsi, la solution au problème exige-t-elle que des mesures
soient prises en termes d'action sociale, et c est la responsabilité collective de la
société dans son ensemble que d apporter les changements environnementaux nécessaires
pour permettre aux personnes handicapées de participer pleinement à tous les aspects de
la ie sociale. La question est donc de l'ordre des d attitudes ou de l idéologie; elle
nécessite un changement social, ce qui, au niveau politique, se traduit en termes de
droits de la personne humaine. Selon ce modèle, le handicap est une question politique.
La CIF repose sur l intégration de ces deux modèles antagonistes. Pour prendre acte
de l intégration des différentes représentations du fonctionnement, on a utilisé une
approche " biopsychosociale ". La CIF tente donc de réaliser une synthèse qui
offre une image cohérente des différentes perspecti es sur la santé, qu'elles soient
biologique, individuelle ou sociale. [17]
6. Utilisation de la CIF
La CIF est une classification du fonctionnement humain et du handicap. Elle regroupe de
manière systématique les domaines de la santé et les domaines connexes. Pour chaque
composante, les domaines sont regroupés en fonction de leurs caractéristiques communes
(origine, type ou similitude) et ordonnés de manière signifiante. La classification a
été organisée en fonction d'une série de principes (voir Appendice 1). Les principes
ont trait aux relations entre les niveaux et à la hiérarchie de la classification.
Cependant, certaines catégories de la CIF sont organisées de façon non hiérarchique,
sans ordre particulier mais plutôt comme des branchements au même niveau.
Les caractéristiques structurelles de la classification qui influent sur son
utilisation sont présentées ci-dessous.
- La CIF propose des définitions opérationnelles normalisées des domaines de la santé
et des domaines connexes de la santé plutôt que des définitions en "langage
courant". Ces définitions reprennent les attributs essentiels de chaque domaine (par
exemple qualités, propriétés et relations) et donnent des indications quant à ce qui
est inclus et exclu dans chaque domaine. Ces définitions reprennent des éléments clés
couramment utilisés dans les exercices d'évaluation, de sorte que les définitions
peuvent être facilement utilisées dans des questionnaires. À l'inverse, les résultats
obtenus à l'aide de divers instruments d'é aluation peu ent être codés selon la CIF.
Par exemple, la " vision ", dans la définition adoptée, précise si la
personne est capable de percevoir clairement la forme et les contours des objets, à
différentes distances, en utilisant un il ou les deux yeux, de sorte que les difficultés
de vision peuvent être codées comme légères, modérées, sé ères ou totales par
rapport à ces paramètres.
- La CIF fait appel à un système alphanumérique, les lettres b, s, d et e renvoyant
respecti ement aux Fonctions organiques, aux Structures anatomiques, à l'ensemble
Activités et participation, et aux Facteurs environnementaux. Ces lettres sont suivies d
un code numérique commençant avec le numéro du chapitre (1 chiffre), sui i du deuxième
niveau (2 chiffres) et des troisième et quatrième niveaux (1 chiffre chacun).
- Les catégories de la CIF sont emboîtées les unes dans les autres, les plus grandes
catégories étant définies de manière à inclure des sous-catégories plus
détaillées. Par exemple, le chapitre 4 de la composante Activités et participation,
relatif à la mobilité, comprend les sous-catégories être debout, être assis, marcher,
porter, etc. La version condensée reprend deux niveaux. La ersion intégrale
(détaillée) cou re quatre niveaux. Les codes de la ersion condensée et de la version
intégrale correspondent, c'est-à-dire que la ersion condensée peut-être obtenue en
agrégeant les données recueillies au moyen de la ersion intégrale.
- Toute personne peut se voir attribuer une série de codes à chaque niveau. Ces codes de
peuvent être indépendants ou liés entre eux.
- Les codes de la CIF ne sont complets que si on leur ajoute un code qualificatif
qui dénote un ordre de grandeur du niveau de santé (par exemple, gravité d'un
problème). Ces codes qualificatifs sont codés sous la forme de un, deux ou trois
chiffres après le point séparateur. Chaque code doit être accompagné d'au moins un
code qualificatif. Sans ces derniers, les codes principaux n'ont aucune signification.
- Le premier code qualificatif pour les fonctions organiques et les structures
anatomiques, les codes qualificatifs de performance et de capacité, les codes
qualificatifs pour les acti ités et la participation, et le premier code qualificatif
pour les facteurs environnementaux décrivent l'ampleur du problème associé à leurs
composantes respecti es.
- Toutes les composantes classifiées dans la CIF (fonctions organiques, structures
anatomiques, activités et participation et facteurs environnementaux) sont quantifiées
en utilisant la même échelle générique. Avoir un problème peut signifier avoir une
déficience, une limitation, une restriction ou représenter un obstacle, selon le schéma
auquel on se réfère. Les descripteurs les plus appropriés, indiqués entre parenthèses
ci-dessous, doivent être choisis en fonction du domaine de classification pertinent (où
xxx représente la partie numérique du code de domaine au deuxième niveau). Si l'on veut
utiliser cette méthode de quantification de manière universelle, la recherche doit
mettre au point des procédures d'é aluation. Des fourchettes de pourcentages sont
données à titre indicatif pour les cas où des instruments d'évaluation calibrés ou
d'autres normes seraient disponibles pour mesurer les déficiences, les limitations de
capacité, les problèmes de performance ou les obstacles. Par exemple, si l'on veut coder
une absence totale de problème ou un problème entier, le codage peut avoir une marge
d'erreur de 5%. Un problème modéré est généralement é alué à la moitié de
l'échelle totale de difficulté. Les pourcentages doivent être calibrés pour
différents domaines en établissant les percentiles par référence à la population
considérée.
| xxx.0 PAS de problème |
(aucun, absent, négligeable ) |
0-4 % |
| xxx.1 problème LÉGER |
(léger, faible ) |
5-24 % |
| xxx.2 problème MODÉRÉ |
(moyen, passable ) |
25-49 % |
| xxx.3 problème GRAVE |
(élevé, extrême ) |
50-95 % |
| xxx.4 problème ENTIER |
(total, ) |
96-100 % |
| xxx.8 non précisé |
|
|
| xxx.9 sans objet |
|
|
- Dans le cas des facteurs en ironnementaux, le premier code qualificatif peut être
employé pour mesurer soit l'ampleur des effets positifs de l environnement, à savoir les
facilitateurs, ou alors l'ampleur des effets négatifs, à savoir les obstacles. Tous deux
utilisent une échelle qui va de 0 à 4, mais pour indiquer un facilitateur, on remplace
le point séparateur par un signe + (par exemple, e110+2). Les facteurs environnementaux
peu ent être codés a) en relation avec chaque schéma pris séparément; ou b) d'une
manière globale, sans référence à ces schémas. La première solution est préférable
puisqu'elle permet de préciser l'impact de manière plus claire.
- Certains utilisateurs trouveront approprié et utile d ajouter d autres types de
renseignements au codage de chaque élément. Plusieurs codes qualificatifs pourraient
être utiles à cet effet. Le Tableau 3 montre les détails des codes qualificatifs pour
chaque composante. Il fait également des suggestions sur des codes qualificatifs
supplémentaires à développer.
- Les descriptions des domaines de la santé et des domaines connexes de la santé
correspondent à un moment donné (comme un instantané). Cependant, il est possible de
l'utiliser de manière répétitive pour décrire l'évolution d'un processus à travers
le temps.
- Dans la CIF, l état de la santé ou l'état connexe de la santé d une personne se voit
attribuer une série de codes qui cou rent les deux parties de la classification. Le
nombre maximum de codes par personne est donc de 34 au niveau du premier chiffre (8 pour
les fonctions organiques, 8 pour les structures anatomiques, 9 pour la performance, et 9
pour la capacité). De la même manière, le nombre total d'éléments du deuxième ni eau
est de 362. Si on va plus dans le détail, le nombre total des codes s'élè e à 1424.
Dans la pratique cependant, il semble que 3 à 18 codes suffisent pour décrire un cas
particulier avec une précision du deuxième ni eau (trois chiffres). De manière
générale, un supplément de détail n'est utile que pour des services spécialisés
(résultats de réadaptation, gériatrie, etc.) alors que la classification à deux ni
eaux peut être utilisée pour les enquêtes et les évaluations de résultats cliniques.
L'utilisateur trouvera des Instructions pour le codage à l'Appendice 2. Il est i ement
conseillé de suivre une formation à l'utilisation de la classification par l entremise
de l OMS et de son réseau de centres collaborateurs.
Tableau 3. Codes qualificatifs
| Composantes |
Premier code qualificatif |
Deuxième code qualificatif |
| Fonctions organiques (b) |
Code qualificatif générique utilisé sur l'échelle négative pour
indiquer la portée ou l'ampleur d'une déficience Exemple: b168.3 pour indiquer une
déficience grave dans les fonctions mentales spécifiques du langage |
Aucun |
| Structures anatomiques (s) |
Code qualificatif générique utilisé sur l'échelle négative pour
indiquer la portée ou l'ampleur d'une déficience Exemple: s730.3 pour indiquer une
déficience grave du membre supérieur |
Utilisé pour préciser la nature des changements affectant une structure
anatomique donnée 0 = aucun changement
1 = absence totale
2 = absence partielle
3 = partie supplémentaire
4 = dimensions anormales
5 = discontinuité
6 = position inhabituelle
7 = changement qualitatif dans la structure, y compris accumulation de liquides
8 = non précisé
9 = sans objet
Exemple: s730.32 pour indiquer l'absence partielle du membre supérieur |
| Activités et participation (d) |
Performance Code qualificatif générique
Problème dans l'environnement réel de la personne
Exemple: a5101.1_ indique une légère difficulté pour prendre un bain complet bien
qu'utilisant des aides techniques dans son cadre de vie habituel |
Capacité Code qualificatif générique
Limitation sans assistance
Exemple: a5101._2 indique une difficulté modérée à prendre un bain complet sans le
recours à des aides techniques ou un assistant personnel |
| Facteurs environnementaux (e) |
Code qualificatif générique, pouvant prendre une valeur négative ou
positive, servant à indiquer obstacles et les facilitateurs Exemple: e130.2 indique
que les produits destinés à l'éducation constituent un obstacle modéré. Inversement,
e130+2 indique que les produits destinés à l'éducation sont un facilitateur modéré |
Aucun |
La Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé entérine
l'utilisation de la CIF au niveau international
La résolution WHA54.21 s'énonce comme suit:
La Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé
1. ENTERINE la deuxième édition de la Classification internationale des
handicaps: déficiences, incapacités et désa antages (CIH), intitulée "
Classification internationale du fonctionnement,, du handicap et de la santé " et
désormais appelée en abrégé CIF;
2. PRIE INSTAMMENT les Etats Membres d utiliser la CIF dans leurs
activités de recherche, de sur eillance et de notification selon que de besoin, compte
tenu de la situation propre à chaque Etat Membre et eu égard, en particulier, à d é
entuelles ré isions ultérieures;
3. PRIE le Directeur général de fournir un appui aux Etats Membres, à
leur demande, lors de l utilisation de la CIF.
^
Notes:
1 Le texte est une révision de la Classification internationale des
handicaps: déficiences, incapacités et désa antages (CIH), publiée pour la première
fois à titre expérimental par l'Organisation mondiale de la Santé en 1980. Dé eloppée
après des tests systématiques sur le terrain et une consultation internationale qui
s'est étendue sur cinq ans, elle a été entérinée par la Cinquante-Quatrième
Assemblée mondiale de la Santé le 22 mai 2001 (résolution WHA54.21).
2 Ces termes, qui remplacent les termes utilisés jadis de
"déficiences", "incapacités" et "désavantages",
élargissent la portée de la Classification et permettent de décrire des expériences
positi es. Les nou eaux termes sont décrits plus en détail dans la présente
introduction, et explicités dans la classification même. Il est important de noter que
ces termes sont utilisés dans un sens particulier, qui peut différer de celui que leur
reconnaît l'usage courant.
3 Un domaine est défini comme un ensemble pratique et signifiant
comprenant des fonctions physiologiques, des structures anatomiques, des actions et des
tâches ou des aspects de la ie.
4 Classification statistique internationale des maladies et des
problèmes de santé connexes, 10 e révision, Vol. 1-3. Genève, Organisation mondiale de
la Santé, 1992-1994.
5 Il est important de noter les points communs entre la CIM-10 et la
CIF. Les deux classifications partent d'un système anatomique. Les déficiences se
rapportent à des structures anatomiques et à des fonctions organiques, qui sont
généralement considérées dans le cadre d'un "processus pathologique" et, par
conséquent, sont aussi utilisées dans la CIM-10. Cependant, la CIM-10 utilise les
déficiences (signes et symptômes) en tant qu'éléments constitutifs d'une
"maladie", oire en tant qu'éléments déclenchant le contact avec les services
de santé, alors que la CIF reconnaît la déficience comme un problème de fonctionnement
et de structure lié à un problème de santé.
6 Deux personnes souffrant de la même maladie peu ent avoir des
niveaux de fonctionnement différents, et deux personnes présentant le même niveau de
fonctionnement n'ont pas forcément le même problème de santé. L'utilisation conjointe
des deux approches permet donc d'améliorer la qualité des données recueillies.
L'utilisation de la CIF ne permet nullement d'ignorer les procédures diagnostiques
habituelles utilisées en médecine. Dans d'autres contextes, la CIF peut être utilisée
de manière indépendante.
7 Règles pour l'égalisation des chances des handicapés. Adoptées
par l'Assemblée générale des Nations Unies à sa quarante-huitième session le 20
décembre 1993 (résolution 48/96). New York, Nations Unies, Département de l'information
de l'ONU, 1994.
8 Parmi les domaines de la santé, on peut citer la vision, l'audition, la marche,
l'apprentissage et la mémoire, alors que parmi les domaines connexes de la santé, on
trouve la mobilité, l'éducation, les interactions en société, etc.
9 Bickenbach JE, Chatterji S, Badley EM, stn TB. Models of
disablement, universalism and the ICIDH, Social Science and Medicine 1999, 48:1173-1187.
10 Cette interaction peut être perçue comme un processus ou comme un
résultat selon le point de ue de l'utilisateur.
11 Voir aussi Appendice 1, Éléments de taxinomie et terminologie.
12 Dans la version de 1980 de la CIH, on mentionnait l organe comme
niveau de référence, mais la définition d " organe " n était pas claire. Les
yeux et les oreilles sont traditionnellement considérés comme des organes, mais il est
difficile de les délimiter de manière précise. Il en a de même des limites des membres
et des organes internes. La CIF substitue à l approche de l " organe ", qui
suppose l existence d une entité ou unité à l intérieur du corps, celle de structure
organique.
13 Ainsi les déficiences codées selon la liste qui figure dans la
CIF doi ent pou oir être décelées par un tiers ou par la personne concernée
elle-même, soit par observation directe soit par inférence à partir des faits obser
és.
14 La notion de participation comprend la notion d'implication
Certaines définitions d'"implication" incorporent les éléments sémantiques
de "prendre part", "être inclus" ou "être engagé dans un
domaine de la ie", "être accepté" ou "avoir accès aux ressources
nécessaires". Dans le tableau ci-dessus, la seule manière de représenter cette
notion de participation est d'utiliser un code qualificatif de performance. Cela ne
signifie nullement que la participation doi e automatiquement être considérée comme
équi alente à la performance. La notion même d'"implication" doit aussi être
distinguée de l'impression subjective de participation au sens de "faire partie
de". Les utilisateurs qui souhaitent encoder l'"implication" de manière
distincte sont in ités à se référer aux Instructions pour le codage, qui sont
présentées à l'Appendice 2.
15 La CIF diffère de manière significati e de la CIH de 1980 dans la
représentation des relations entre fonctionnement et handicap. Naturellement tout
diagramme est forcément incomplet et risque de donner lieu à de mauvaises
interprétations en raison de la complexité des interactions dans un modèle
multidimensionnel. Le modèle est présenté pour illustrer les interactions multiples. Il
est certainement possible d utiliser d autres représentations centrées sur d autres
éléments importants du processus. L interprétation des interactions entre différentes
composantes et différentes dimensions peut aussi arier (par exemple, l impact des
facteurs environnementaux sur les fonctions organiques diffère assurément de leur impact
sur la participation).
16 Le terme " modèle " signifie ici concept ou paradigme,
une acception qui est donc différente de celle de la section précédente.
17 Voir également l Appendice 5 La CIF et les personnes handicapées.
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